Irak
République d'Irak

Devise nationale : Allahu Akbar
| ---- IRAK EN BREF ---- | |
|---|---|
| Superficie | 438 317 km² | Population | 29 800 000 hab. (2006) |
| Capitale | Bagdad |
| Régime | République |
| Chef de l'Etat | Président Jalal Talabani, Premier ministre Nouri al-Maliki |
| Monnaie | Nouveau dinar irakien |
| Langues | Arabe (officielle) |
| Religions | Islam chiite (55%), sunnites (42%),chrétiens (3%). |
| Climat | Etés chauds, hivers frais |
| Ressources naturelles | Pétrole, gaz naturel, phosphates, soufre. |
| Productions agricoles | Blé, orge, riz, légumes, dattes, coton, bétail, moutons, volaille. |
| Industries | Pétrole et raffinage, produits chimiques, textile, matériaux de construction, agroalimentaire, engrais, métaux. |
| Exportations | Pétrole brut et raffiné. |
| PIB | -- |
| PIB/hab. | -- |
Situé aux portes de la Perse entre le monde islamique chiite et sunnite, l'Irak a été le berceau des civilisations assyrienne et babylonienne et le centre du vaste empire des Abbassides entre le VIIIe et le XIIIe s.
Le pays est traversé par 2 grands fleuves qui créent une bande verdoyante à travers le désert et, c'est dans son sous-sol qu'ont été découverts en 1926 d'importants gisements pétroliers.
- 1 Histoire
- 1.1 L'Antiquité
- 1.2 Du califat omeyyade à l'empire ottoman
- 1.3 Le mandat britannique
- 1.4 Le royaume irakien (1921-1958)
- 1.5 La république d'Irak
- 1.6 La guerre Iran-Irak
- 1.7 La guerre du Golfe
- 1.8 L'après guerre du Golfe
- 1.9 Le changement de régime
- 2 Géographie
- 2.1 Relief
- 2.2 Climat
- 3 Société
- 3.1 Démographie
- 3.2 Religions
Histoire
L'Antiquité
L'Irak est le berceau de la civilisation sumérienne (3e millénaire av. J-C) qui inventa l'écriture et l'architecture. L'histoire de l'Irak se confond ensuite avec l'histoire des cités-Etats de Mésopotamie notamment Babylone et Suse. Au VIe s. avant notre ère, les perses dominent le pays jusqu'à la conquête d'Alexandre le Grand qui intervient en 331 av. J-C.
La dynastie macédonienne des Séleucides régna ensuite sur le pays, elle y diffusa la langue et la culture grecque, mais trois siècles plus tard, cette dynastie est chassée du pouvoir par les romains. La région passe sous le contrôle des perses sassanides avant d'être conquis par les Arabes aux VIIe s. apr. J-C.
En 636, à peine 4 ans après la mort du Prophète, la bataille d'al-Qadisiyya voit l'affrontement entre 100 000 hommes du général perse Rostam Farrokhzād et 30 000 musulmans sous le commandement de Sa`d ibn Abī Waqqās. Cette bataille remporté par les arabes et durant laquelle le général perse fut tué ouvra la voie à l'islamisation de la perse.
Du califat omeyyade à l'empire ottoman
Depuis 661, l'Irak est intégré dans le califat omeyyade dont Damas est le capitale. Elle est le lieu de plusieurs insurrections chiites et kharidjites contre le pouvoir central omeyyade. A partir de 750, les Abbassides renversent le califat omeyyade et Baghdad devient la capitale de l'empire musulman à partir de 762 et connaît son âge d'or sous le règne d'Haroun al-Rachid (789-809).
Le déclin de la puissance du califat dans la seconde moitié du IXe s. favorise de nombreuses révoltes dont celles des esclaves Zenj, parallèlement les régions périphériques échappent peu à peu au contrôle des Abbassides. En 945, la dynastie iranienne des Buyides prend le pouvoir à Baghdad mais ils en sont chassés en 1055 par les Turcs seldjoukides qui restaure le califat abbasside.
Les invasions mongoles renversent définitivement le califat abbasside en 1258 et mirent à sac la ville de Baghdad provoquant la mort de 800 000 personnes. En 1401, l'Irak est à nouveau ravagé par une invasion mongole, Tamerlan leur chef, fait ériger plusieurs dizaines de pyramides de têtes décapitées avant de se tourner vers l'Anatolie.
En 1533, l'Irak passe sous domination de l'empire ottoman alors en pleine expansion et le restera jusqu'à 1917 excepté entre 1707 et 1831 où elle passe sous le contrôle des Mamelouks.
Le mandat britannique
Durant le XIXe siècle, les puissances coloniales (Grande-Bretagne, France et dans une moindre mesure Allemagne), se disputent cette région dont l'Empire ottoman est alors le maître. Mais c'est à la faveur de la Première guerre mondiale que les forces britanniques envahissent le sud du pays en novembre 1914. En mars 1917, Bagdad est prise aux Ottomans, l'administration locale est demantelé après la guerre, et les Anglais qui avaient promis au mouvement nationaliste arabe de vastes territoires dans la région en remerciement de leur soutien contre les Turcs ne respectent pas leur engagement.
C'est finalement l'accord Sykes-Picot qui consacrera le partage de la région entre la France et la Grande-Bretagne. En 1921, les Anglais installent Fayçal Ier sur le trône, le pays devient le royaume hachémite d'Irak mais le gouvernement reste supervisé par de hauts fonctionnaires britanniques.
Le royaume irakien (1921-1958)
Les frontières du nouveau royaume sont rapidement contestées par les pays voisins, l'Irak accède à l'indépendance en 1932 mais reste lié aux Britanniques par des traités d'alliance. La mainmise de la Grande-Bretagne se fait également sur les ressources pétrolières de l'Irak qui accorde aux Britanniques l'exclusivité de l'exploitation et de la prospection de ses champs.
En avril 1939, le roi meurt et son fils agé de seulement 4 ans lui succède, la régence est cependant assuré par son oncle Abd Allah. Lorsque la Seconde guerre mondiale est déclenché, l'Irak rompt ses relations diplomatiques avec l'Allemagne, le général Nuri al-Said est alors placé à la tête du gouvernement. Mais en mars 1941, il est renversé par un coup d'état qui porte Rachid al-Kylani à la tête de l'Etat et qui est favorable à l'Allemagne. Les Britanniques décident alors d'intervenir et remettent en place Nuri al-Said et le roi. En Janvier 1943, l'Irak déclare la guerre aux puiisances de l'Axe.
Après la guerre, l'Irak et la Transjordanie signe un traité d'alliance. Et, en mai 1948, après la création de l'Etat d'Israël, les armées des 2 pays attaquent le nouvel Etat. La défaite va les contraindre à signer un armistice en 1949.
En février 1955, le pays adhère au pacte de Bagdad qui réunit la Grande-Bretagne, l'Irak, le Pakistan et l'Iran dans une alliance militaire contre le bloc communiste. La crise de Suez va rapprocher l'Irak des Etats-Unis au détriment de la Grande-Bretagne. Et, suite à la création de la République arabe unie (RAU) le 14 février 1958, l'Irak et la Jordanie se fédère en une union arabe dont Nuri al-Said devient Premier ministre.
La république d'Irak
Le 14 juillet 1958, le général Kassim Kassem soutenus par les panarabes et les communistes renverse la monarchie irakienne. Le roi Fayçal, le prince héritier et Nuri al-Said sont assassinés durant le coup d'Etat. La république est proclamé et l'Union arabe est dissoute, en mars 1959, l'Irak se retire du pacte de Bagdad. Les Kurdes et les communistes sont sévèrement reprimés par le pouvoir en place.
Le 8 février 1963, Kassem en renversé par des officiers baasistes et le général Abd al-Salem Aref est proclamé président. En 1964, la république démocratique et socialiste d'Irak affirme son soutien à la RAU. Le 13 avril 1966, Aref meurt dans un accident d'hélicoptère et son frère Abd al-Rahman Aref prend la tête du pays.
Durant la guerre des six jours avec Israël, l'Irak apporte son soutien en troupes et en matériel à la frontière israélo-jordanienne.
Le 17 juillet 1968, Aref est renversé par le général Hasan al-Bakr qui est nommé à la tête du Conseil du commandement de la Révolution (CCR). Le régime se rapproche de l'URSS, signe un traité d'amitié en 1972 et nationalise les compagnies pétrolières. Après la guerre du Kippour en octobre 1973, l'Irak dénonce la signature de traités de paix avec Israël par les autres pays arabes.
Les relations sont tendues avec le voisin iranien auquel l'oppose un différent frontalier au sujet du Chatt al-Arab. Les deux pays signent finalement à Alger au début 1975 un accord prévoyant des concessions territoriales de la part de l'Irak en échange d'un arrêt du soutien des Kurdes irakiens par l'Iran.
La guerre Iran-Irak
En juillet 1979, le général Saddam Hussein succède au président al-Bakr à la tête du pays. Il impose rapidement un pouvoir personnel au sein de l'exécutif et procède à des purges massives au sein du parti Baas. Du point de vue extérieur, il renoue les relations avec les monarchies du Golfe et les pays occidentaux.
Craignant de voir s'étendre la révolution islamique, l'Irak attaque son voisin iranien le 22 septembre 1980. Une longue et meurtrière guerre de position commence. La guerre Iran-Irak ne s'achève que le 20 août 1988 avec la signature d'un cessez-le-feu, les deux pays sont exsangues.
La guerre du Golfe
En août 1990, les troupes irakiennes envahissent le Koweït et la déclare 19e province de l'Irak. Le pays refusant d'évacuer le Koweït malgré l'ultimatum lancé par le Conseil de sécurité de l'ONU, une coalition mené par les Etats-Unis est mis en place.
La guerre du Golfe se révèle désastreuse pour l'Irak dont l'armée est chassé du Koweït en six semaines et le pays est soumis à d'intenses bombardements de la part de la coalition.
L'après guerre du Golfe
Isolé sur la scène internationale, des troupes de la coalition sont installées dans le nord du pays pour abriter les populations kurdes qui fuient les représailles de Bagdad. Une zone d'exclusion aérienne est définie dans le nord du pays.
Les sanctions économiques imposés par l'ONU sont prolongées en 1992 après que l'Irak ait refusé un accès complet aux sites militaires ce qui plonge le pays dans de très graves difficultés économiques. En mai 1996, l'Irak accèpte la résolution 986 du Conseil de sécurité dite "Pétrole contre nourriture".
En décembre 1998, après le refus de la part du gouvernement irakien du contrôle par l'Unscom de certains sites stratégiques, l'opération "Renard du désert" est lancé par les Etats-Unis: des raids aériens sont lancés sur tout le territoire irakien.
Le changement de régime
Quelques mois après le 11 septembre 2001, le président américain Georges W. Bush durant son discours sur l'état de l'Union place l'Irak dans "l'axe du mal". En octobre 2002, Saddam Hussein est réélu pour un mandat de 7 ans à la présidence du pays.
Accusant l'Irak d'avoir des armes de posséder et de fabriquer des AMD (armes de destructions massives), et, en dépit des protestations internationales, une coalition américano-britannique déclare de façon unilatérale la guerre à l'Irak le 20 mars 2003. Après une série de bombardements, Bagdad est prise par les troupes de la coalition le 9 avril 2003.
Le pays est alors la proie des pilleurs et un très fort climat d'insécurité s'installe. Paul Bremer est nommé gouverneur civil de l'Irak et en mai 2003, Georges W. Bush annonce la fin des combats majeurs. Cependant, dans les semaines qui suivent de nombreux accrochages ont lieu entre les insurgés et les troupes de la coalition, les attentats-suicides se multiplient et touchent indistinctement les militaires, les civils et les policiers.
Saddam Hussein est capturé par les américains le 13 décembre 2003 dans une cachette près de Tikrit. En mars 2004, une Constitution provisoire est adopté pour l'Irak et le 28 juin, le pouvoir est transféré au gouvernement intérimaire irakien.
Dans un climat de tensions et de violences, des élections visant à lire l'Assemblée nationale de transition est organisé en Janvier 2005 et, le 16 octobre 2005, la première Constitution est approuvé à 78% par référendum. Cette Constitution reconnaît le caractère fédéral et multiéthnique du pays, elle reconnaît également des droît aux femmes et aux minorités du pays.
Enfin, le 15 décembre 2005, les élections législatives sont organisées et voit une large victoire de la liste conservatrice chiite avec 128 des 275 sièges du Conseil des représentants de l'Irak. Le parlement désigne le premier ministre Nouri al Maliki comme Premier ministre qui est investi en mai 2006.
Géographie
L'Irak est un pays du Croissant fertile, il forme un coin entre la Syrie et l'Iran, il est enclavé avec une seule ouverture sur le golfe Persique, le Chatt-al-Arab formé par la réunion de ses 2 fleuves majeurs: le Tigre et l'Euphrate. Au Nord du pays, les montagnes du Kurdistan culminant à plus de 4000m d'altitude traverse la Turquie et l'Iran, le pays est bordé à l'Ouest par la Jordanie et la Syrie à l'Ouest, et au Sud, par l'Arabie saoudite.

Relief
L'Irak s'étend sur une superficie de 438 317 km², une vaste plaine parcourue par le Tigre et l'Euphrate occupe le centre du pays. Ces 2 fleuves se rejoignent au Sud où il forme un delta marécageux, le Chatt al-Arab. L'Est et le Nord-Est de l'Irak sont occupés par des contreforts montagneux, le Nord par un plateau steppique qui se prolonge à l'Ouest par la plaine de Chamia en bordure du désert syrien et au Sud jusqu'au Néfoud saoudien.
Climat
Le climat est subdésertique dans une grande partie du pays et plus continentale dans les régions montagneuses (au Nord et au Nord-Est). Les étés sont très chaud (plus de 30°C en moyenne en été) et les hivers sont fraîs (autour des 9°C en moyenne dans la capitale). Au Sud, le long de la frontière saoudienne, le climat est aride.
Les précipitations annuelles varient entre 200 et 400 mm en moyenne au Nord et de 100 à 200 mm dans le Sud du pays.
Société
Démographie
L'Irak compte 29,8 millions d'habitants en 2006 (contre 21,6 millions en 1995) et on estime à 2 millions le nombre de personnes ayant quitté le pays depuis le début de la guerre en 2003. La majorité de ces refugiés (dont beaucoup de chrétiens) ont fui principalement vers la Syrie et la Jordanie.
Religions
Les trois quarts de la population irakienne est arabe et il existe une importante communauté kurde (20%) vivant au Nord du pays. Le pays est majoritairement chiite (55%) contre 42% de sunnites (kurdes et arabes) et il existe un clivage majeur entre arabes chiites et arabes sunnites qui ont longtemps gouverné le pays.
Il existe également une petite communauté chrétienne orthodoxe estimé à environ 3% de la population mais qui depuis le début de la guerre de 2003 a massivement fui le pays en raison de la dégradation du climat sécuritaire et des conflits interreligieux dont ils sont souvent la cible.